Après les fêtes de fin d’année, le mois de janvier s’annonce difficile au point que beaucoup ne savent pas où donner de la tête. Les ménages peinent à assurer le strict minimum des besoins pressants et vitaux. Qu’est-ce qui a pu bien se passer ? Pourquoi certaines familles ploient-elles sous le joug de la galère durant ce mois ? Où sont passés les sous ?
Chaque année, pendant le mois de janvier, les gens éprouvent d’énormes difficultés financières après les moments de fêtes. Ce qui fait que d’aucuns estiment que le premier mois de l’année est une
période de galère. C’est ce que croit Miezan Mike, étudiant à l’Université de Cocody en Science de l’Homme et de la Société. Pour lui, le mois de janvier est un moment de galère parce que les ivoiriens ne prennent pas le soin de faire des prévisions. « Nous sommes plus disposés à acheter tout ce que nous voyons, à consommer plus d’alcool et à nous retrouver dans une euphorie démesurée pendant
les fêtes », fait-il savoir. Nous assistons ainsi à l’impossibilité pour des pères et des mères de famille d’assurer la nourriture, la scolarité, le loyer et certains premiers soins en cas de maladies. A-t-il ajouté. Mlle Nadège Brou, styliste Onglerie à la Riviera Palmeraie est pleinement d’accord que le
mois de janvier reste beaucoup pénible. Selon elle, tout le monde s’inscrit à l’idée de « s’éclater ». Ce qui conduit les uns et les autres à faire des dépenses incalculables. En outre, Mlle Nadège Brou en tant que commerçante pense que ce moment n’est pas loin de faire ses affaires. Car en cette période « le pouvoir d’achat de nos clients baisse. Ils ne viennent plus nous rendre visite comme avant ». A-t-elle révélé. Par ailleurs, du côté d’Adiaké, notre ami Wanga Diké Francis,
Photographe-Reporter fait remarquer que « les fonctionnaires nos principaux clients qui nous permettent de rentabiliser nos comptes » connaissent eux aussi de véritables problèmes. « Ils nous font des promesses de paiements de leurs crédits à la fin du mois de janvier. En attendant la fin du mois, nous ne pouvons que nous tourner vers Dieu », confesse-t-il. En tout état de cause, janvier, mois des grands enchantements au cours duquel tous les vœux de bonheur fusent de partout, est harassant pour de nombreux ménages voire pour les solitaires. Comprendre que le mois qui
le précède a été rempli de mille folies, de dépenses incontrôlées et irréfléchies sans que les fêtards n’aient pas mesuré les conséquences, n’est pas partagé par d’autres consciences. A ce propos, le formateur à l’école de gendarmerie sis à Cocody, Roland Saraka fustige les adeptes qui conçoivent
janvier comme un temps de galère. Il conçoit très mal que les éburnéens prennent plaisir à l’appellation ‘’ janvier, mois de galère’’. « On devrait se préparer un à deux mois avant l’arrivée de ces fêtes… », Amorce-t-il. Plus loin, il fait ressortir que tout fonctionnaire ou même tout travailleur «
devrait épargner ou faire des économies pour l’après fête ». Car il estime que « la fête, c’est comme l’accouchement d’une femme où l’époux se prépare avant et après pour un accouchement réussi ». Du reste, selon lui, janvier n’est pas un mois de galère. C’est l’avis également de M. Kassi Soussoubié Ambroise, Pâtissier Boulanger à Port-Bouet qui au-delà des économies à faire, exhorte tous
les citoyens à doubler de vigilance et surtout savoir se retenir à l’approche des fêtes. « Tous les jours sont des jours de fête…La vie continue après les fameuses réjouissances. », soutient-il. Au regard de ce qui suit, l’idéal serait que chacun puisse élaborer un planning intelligent dans lequel les dépenses à faire sont claires et précises. En fait, nous avons pris la mauvaise habitude
de ne jamais organiser nos besoins primaires et secondaires. Du moins, la manière de les faire n’est pas bien pensée. Le romancier Ougandais Moses Isegawa disait à juste titre, dans ses Chroniques abyssiniennes que « le plus important
de nos dépenses n’est pas l’argent mais la manière dont on les pense ».
Jean-Louis KRAH