« Si je faisais campagne pour un candidat, mes fans s'en plaindraient, mais… »
ADAMA DAHICO, le concepteur du DOROMIKAN qui signifie en langue malinké l’Art de la parole d’ivrogne, est candidat au prochain scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire. Se présentant comme "candidat indépendant de la volonté du peuple", le président du DORIMIKAN est sérieux de prendre le pouvoir par le rire et donne une autre vision de la gouvernance.
1-Quelle présentation pouvez-vous faire à nos lecteurs?
Je suis DOLO Adama dit ADAMA DAHICO comédien humoriste, écrivain, Fondateur et Directeur du festival international du rire d'Abidjan depuis septembre 2003 et auteur de deux livres. Je suis ambitieux et je veux à travers ma candidature, donner une note d'espoir à la jeunesse ivoirienne.
2-Adama Dahico est candidat à l'élection présidentielle. Beaucoup de gens se demande toujours pourquoi êtes-vous candidat?
Je suis candidat parce que je me sens interpeller par la sortie de crise, je veux apporter ma modeste contribution à la sortie de crise. Surtout que les politiciens veulent faire la comédie à la place des comédiens que je suis venu à la politique. Je retournerai à la comédie que lorsque les politiques feront la bonne politique, celle du développement.
3-D'autres disent encore que vous désisterez ou vous retirerez votre candidature au profit d'un autre candidat au moment venu?
Pour soutenir un candidat en côte d'ivoire, on n’a pas besoin d'être candidat. On monte un groupe de soutien pour le faire. Je suis candidat pour aller jusqu'au bout. S’il y a un deuxième tour on appréciera la situation.
4-Qu'est-ce qui fait la particularité du candidat Dahico par rapport à ses adversaires?
Par rapport à mes adversaires, je suis le plus jeune parmi les candidats, mon style de communication est plus proche de la population. Je suis le candidat des enfants des cours communes.
5-En décidant aujourd'hui d'embrasser à la fois le milieu artistique et politique, n'êtes-vous pas entrain de sceller petit à petit le divorce avec vos milliers de fans?
C'est plutôt cette forme de candidature qui me rapproche de mes fans. J'aurai la possibilité de créer des sketchs inédits et d'actualité par rapport à l'environnement socio politique. Si je faisais campagne pour un candidat, mes fans s'en plaindraient, mais ce n'est pas le cas.
6-Les attentes des populations sont de plus en plus fortes et parfois difficiles à satisfaire. Quel est votre programme de société et quels sont les moyens dont vous disposez pour une réelle application de ce programme?
Il serait prétentieux de vouloir satisfaire tous les ivoiriens. Mais je peux me permettre de faire des propositions concrètes aux citoyens de ce pays. Les projets il y en a pour toutes les couches socio professionnelles. A partir de notre devise: UNION DISCIPLINE TRAVAIL. Nous donnerons les arguments nécessaires qui forgeront les mentalités des ivoiriens. Je n'en dirai pas plus pour des raisons de" piraterie politique». Il en existe dans la politique car certains manquent d'inspiration.
7- Quelles seront vos priorités si le peuple ivoirien venait-il à vous confier sa destinée?
Pour les priorités, faire revenir la discipline dans le comportement des ivoiriens. Réunifier le pays en faisant le vrai désarmement. SANTE EDUCATION CREATION D'EMPLOI POUR LES JEUNES. Je nommerai une femme à la primature. Souffrez que je n'en dise pas plus.
8-Quelle explication donnez-vous au concept "politirien" dont certaines personnes prennent plaisir à lire sur votre tee-shirt?
"Le politirien" est le titre de mon troisième livre qui paraîtra bientôt. A travers ce livre nous dépeignons les maux qui minent notre société. Le politirien c'est le nom attribué à tout politicien qui ne fait rien pour le développement de son pays, sa région, son département, son continent et qui pense qu'il est élu ou nommé à un poste de responsabilité pour son développement personnel. Il met le peuple à sa disposition au lieu de se mettre à la disposition du peuple.
9-Abordons maintenant une page de culture. Votre regard sur l'humour en Côte d'Ivoire à l'aune de 2010...
L'humour se porte très bien. Il appartient à la nouvelle génération de prendre ses responsabilités; c'est un métier d'engagement et de volonté personnelle.
10-Votre mot de la fin.
Je ne peux que souhaiter la paix à mon pays et au reste du monde entier.
Que la prochaine date des élections soit la bonne.
Propos recueillis par Jean-Louis KRAH