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 2010 le grand retour des Woody…

C’est un Jack Delly jovial que nous avons rencontré dans les bureaux de l’Unart-ci de Cocody les Deux-plateaux le jeudi 28 janvier dernier. Après la disparution le 27 août 2009 de Christophe  alias Chris De BAGNON, le célèbre batteur du groupe les Woody, « les garçons » ont baissé d’ardeur. Aujourd’hui,  Jack Delly, lead-vocal parle de l’avenir du groupe et de l’Unart-ci où il exerce en tant que vice-président. Entretien.

Bonjour Jacques !

Bonjour…

Dîtes-nous, comment se porte présentement le groupe Woody ?

Le  groupe Woody  se porte très bien. C’est vrai qu’on a connu l’année dernière des moments difficiles avec  le décès de notre batteur mythique Christ De Bagnon. Nous avons essayé de faire face à cette situation. Nos fans, le ministère de la Culture et bien d’autres personnes nous ont apporté leur soutien. Je profite également de cette lucarne pour remercier le Ministre Kadet Bertin. Aujourd’hui, le groupe s’est  remis au travail. Nous avons remplacé Christ De Bagnon qui était non seulement un membre fondateur mais aussi un pion incontournable par Bulldozer. Bulldozer était l’ancien batteur de Tangara Speed Goda. Il jouait quelque fois avec nous. Il jouera désormais le rôle de Christ. Certes il ne pourra pas faire oublier de sitôt Cris. Mais vous savez chaque individu à son charisme, son heure, son étoile. Christ a fait sa part au niveau de la musique et de la culture en Côte d’Ivoire à travers le groupe Woody. Le second groupe dans lequel il a joué, après celui des Djis Music. Aujourd’hui c’est le temps de Bulldozer.

A quand votre prochain album ?

Nous sommes actuellement en plein studio. Nous sommes entrain de travailler le prochain album. Il sera certainement disponible fin juillet début Août. Une partie de l’album sera faite ici en Côte d’Ivoire et l’autre en France (Paris). Et après la sortie de l’album, les concerts vont suivre dans tout le pays. Certains pays africains nous ont également invité. Nous sommes en train nous organiser afin de pouvoir honorer ces invitations.

Quel est le titre de l’album ?

Nous sommes toujours en train de chercher un titre. Mais il y a un qui me revient souvent à l’esprit « Vaya con Dios ». Ce qui veut dire « Au revoir». C’est une manière de dire au revoir  à Christ. Nous allons inscrire sur cet album un titre  inédit qu’il a chanté. La dernière chanson qu’il a chantée avant sa mort figurera sur l’album sans que nous n’y  changions quoi que ce soit. Je pense que quand on dit « Vaya con dios » à une personne c’est montrer à quel point nous l’aimons. Nous prévoyons également un titre hommage à Christ De Bagnon dans lequel les Woody lui remercient pour avoir donner du baume au cœur de nombreux ivoiriens et d’ailleurs, et surtout pour la musique en Côte d’Ivoire. Je pense que c’est un grand musicien. Les Woody ne l’oublieront jamais ainsi que les artistes de Côte d’Ivoire.

Jacques est membre de l’Union Nationale des Artistes de Côte d’Ivoire (Unart-ci) et vice-président de cette union. Quelles en sont concrètement vos tâches ?

Je m’occupe de tout ce qui concerne la communication, de la sensibilisation des artistes. Je leur fais comprendre l’importance de l’union. Je joue en quelque sorte un rôle de rassembleur pour aider le Président. Je suis l’un de ses hommes. Tout se passe bien pour le moment. La preuve, vous êtes venu à notre siège et vous avez constaté que nous sommes entrain de refaire la peinture. C’est encore grâce à la bonne organisation de l’Unart-ci que nous avons pu accéder au Burida. A travers la brillante victoire du Président Gadji Celi. Aujourd’hui, l’Unart-ci est incontournable. L’Unart-ci avance. Elle a pu signer  des partenariats avec des structures afin d’alléger la souffrance des artistes dans la pratique de leur métier. C’est un bijou pour nous tous. On n’a pas besoin d’être ivoirien pour d’adhérer à l’Union. Il suffit d’être musicien vivant en Côte d’Ivoire. Peu importe si vous êtes un européen ou africain.

A combien peut-on estimer aujourd’hui  le nombre des artistes ayant adhéré à l’union ?

Nous sommes aujourd’hui environ 4000 membres.

En êtes-vous satisfait en tant que chargé de la mobilisation ?

 Je pense que la mobilisation est totale. Nous avons pu  le démontrer à travers les élections du Burida. Dans la discipline et dans l’union, le Président Gadji a remporté les élections. Chaque personne sur la terre à son temps de pouvoir. Aujourd’hui, c’est Gadji qui célèbre les artistes de Côte d’Ivoire. Qui pouvaient penser un instant que les artistes pouvaient se mettre ensemble. Depuis près de 15 ans, nous sommes dans des palabres interminables à cause de la gestion du Burida. L’Unart-ci est venue mettre un terme à tout cela. Nous sommes aux affaires. Les  problèmes des artistes ne peuvent être résolus que par eux-mêmes. Vous êtes journalistes, je ne peux pas m’immiscer dans votre domaine car il y a des critères objectifs que j’ignore. Toutefois, je peux faire des jugements de valeurs. C’est une question de bon sens.

Le 14 février ça sera la Saint Valentin. Votre regard sur cette fête qui fait de plus en plus partie des habitudes des ivoiriens…

Je pense que c’est la conjonction  de certaines actions qui ont détourné l’attention des ivoiriens sur cette fête. Si c’est pour célébrer l’amour, je crois que ce n’est pas mauvais. Si c’est pour célébrer encore nos femmes, nos mamans je suis parfaitement d’accord. Si ça peut donner un peu de joie aux femmes c’est tant mieux. Cependant, il ne faudrait pas que cela soit un impératif dans gestion d’un couple. Il ne faudrait pas encore que ça soit une occasion de palabre. On n’a pas besoin de 14 février pour montrer à sa femme qu’on l’aime. C’est tous les jours.

Parlez-nous de votre rencontre avec votre épouse ?

Nous nous sommes rencontrés de façon simple. C’est moi qui ai fait le premier pas. Elle ne voulait rien savoir. Ç’a mis du temps jusqu’à ce qu’elle daigne me regarder. Vous savez qu’on ne  séduit pas une femme tout de suite. C’est souvent à long terme.

Comment s’appelle-t-elle ?

(Rire)Elle s’appelle « Popo ». Nous avons dix ans de mariage.

Où serez-vous le jour de la fête ?

J’irai au restaurant avec ma femme. Ma femme aime bien les restaurants.

Quels sont vos voeux pour les ivoiriens et notamment  pour les artistes ?

D’abord, je souhaite une parfaite santé au peuple ivoirien pour son ardeur au travail. Le peuple ivoirien est travailleur. Je souhaite qu’en cette année chaque individu excelle  dans le domaine où il exerce. C’est Dieu seul qui est à la base de notre existence. Dieu répand les grâces en fonction des efforts de chacun et en fonction des pensées. Si nous nous attelons à faire du bien, nous récolterons de bons fruits. Par contre, si nous nous attelons résolument à faire du mal, attendons-nous à assumer les conséquences négatives quelque soit le temps. Aux artistes, je leur demande d’être mobilisés car bientôt ils auront leur mutuelle. La mutuelle va permettre aux artistes de se soigner dans la dignité avec leurs épouses, concubines, leurs enfants. Cette mutuelle va prendre en charge au moins une famille de cinq personnes. Concrètement, si une ordonnance coûte vingt mille francs Cfa, l’artiste paie deux mille francs Cfa. Chaque artiste doit contribuer pour permettre à la mutuelle de vivre. Je voudrais rassurer également les artistes que l’Union est en pourparlers avec les responsables de la Rti afin de permettre aux artistes d’alléger les charges de promotion de leurs œuvres. Aussi, l’Unart-ci va signer bientôt un partenariat avec la poste de Côte d’Ivoire pour que chaque artiste ait une boîte postale dans laquelle figure tous les renseignements sur l’artiste. Et dès qu’un nouvel album est sur le marché, tous les ivoiriens sont informés au travers de leurs boîtes postales. C’est fabuleux.

Un mot pour terminer ?

Je remercie votre magazine pour m’avoir accordé cette entrevue. J’ai parcouru I-DialMag. C’est un journal qui présente une belle couverture, qui parle de tout c’est-à-dire de sport, de société, de culture, d’économieEn tout cas c’est bien agencer. Je vous encourage car rien n’est facile. La porte de l’Unart-ci  vous est ouverte.  Si vous avez  besoin d’un artiste n’hésitez pas à nous joindre. Que Dieu accompagne votre magazine ! Amen !                                                          

 

                                                                                Entrevue réalisée par Jean-Louis KRAH

 

 

 

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